Le self-stockage est l'un des segments les plus solides du marché immobilier américain. Le secteur du stockage génère 35 000 milliards de dollars par an, et un Américain sur cinq utilise des espaces de stockage pour entreposer ses biens. Cependant, ce secteur n'a pas encore atteint son plein potentiel, et une tendance laisse présager une expansion de son champ d'action : la subdivision des bâtiments en unités indépendantes.
Le modèle « condo-storage » : innovation et nouvelles opportunités
Le modèle économique proposé par le « condo-storage » apporte un vent de fraîcheur au secteur du self-stockage. Il s’agit d’une refonte d’un produit bien établi, qui permet d’élargir le marché à de nouveaux types de publics. En effet, la subdivision des immeubles en lots permet aux petits et moyens investisseurs de se lancer dans cette activité, avec des apports en capital à partir d’environ 50 000 dollars américains.
Cette réorganisation de la commercialisation des solutions de stockage n’implique pas le remplacement d’un type d’investisseur cible par un autre, mais constitue une innovation de marché. Il s’agit en effet d’une stratégie par laquelle une entreprise introduit une nouveauté permettant de conquérir de nouveaux segments. La possibilité d’acquérir des unités de stockage et d’augmenter progressivement l’investissement élargit les options offertes par ce segment en termes de coûts et favorise ainsi son expansion.
Forte standardisation : le stockage en tant que produit de base
Une autre caractéristique qui contribue à la consolidation de ce modèle est son haut degré de standardisation. Le « condo-storage » génère des produits qui fonctionnent de manière similaire à un produit de base: les unités de stockage sont des actifs sérialisés, pratiquement identiques les uns aux autres et combinables. Cela en fait des biens faciles à acquérir et à revendre, car, contrairement à ce qui se passe avec d’autres biens immobiliers, leur commercialisation dépend de leur utilité objective et non de leur attrait subjectif. À tel point que, bien souvent, ceux qui acquièrent ces biens immobiliers ne jugent pas nécessaire de les visiter en personne avant de les acheter.
Tout comme les matières premières, le self-stockage est de plus en plus plébiscité par les investisseurs qui cherchent à constituer des portefeuilles diversifiés. Dans un contexte de volatilité financière, des stratégies telles que celles proposées par le modèle d'allocation de Yale prennent tout leur sens : selon ce modèle, un portefeuille performant doit consacrer au moins 20 % de ses actifs à des placements alternatifs. Diverses estimations indiquent que cette formule peut même doubler les rendements des portefeuilles traditionnels.

Des rendements supérieurs
Le « condo-storage » s’est même révélé capable de générer des bénéfices encore supérieurs à ceux offerts par les bons du Trésor américain, un actif historiquement privilégié par ceux qui souhaitent minimiser les risques et garantir des gains. C'est le cas des unités de stockage commercialisées par la société BAS Storage, dirigée par l'entrepreneur argentin Marcos Victorica, qui, en l'espace de dix ans, ont généré plus du double des bénéfices produits par ces obligations sur la même période.
La clé : miser sur la production, et non sur la population
L'une des clés du succès de ce secteur réside dans le fait qu'il repose sur la croissance de la production, et non sur celle de la population. Tant que les États-Unis resteront l'un des pays les plus productifs au monde, ils continueront à générer un excédent à stocker, et le secteur du self-stockage maintiendra sa tendance à la hausse. Les espaces de stockage sont des éléments profondément ancrés dans la culture américaine, aussi indispensables au pays que les aéroports et les autoroutes.
Le « condo-storage » ne représente pas seulement une réorganisation au sein du secteur, mais aussi un nouvel éventail de possibilités pour l'investisseur moderne.
Source : Ambito